C’est une figure majeure de la photographie péruvienne et latino-américaine au même titre que d’autres photographes de sa génération comme Graciela Iturbide, Juan Carlos Alom, Paz Errázuriz ou Fernell Franco. Depuis 40 ans, Javier Silva Meinel arpente les sentiers du Pérou, de la côte au désert, du désert aux Andes, des Andes à la forêt amazonienne pour nous livrer une œuvre en noir et blanc d’une intensité saisissante dans laquelle le réel convoque avec finesse l’imaginaire.


Franchir le seuil

Au cœur de toute photographie se joue un choix essentiel : observer ou révéler, documenter ou interpréter, montrer ce qui apparaît ou évoquer ce qui se dérobe au regard. Souvent imperceptible au premier abord, cette décision façonne pourtant la profondeur et la portée de chaque image. C’est dans cet espace subtil — entre témoignage et expression, entre réalité et imaginaire — que s’inscrit l’univers singulier de Javier Silva Meinel.

Comme l’indique le titre de l’exposition, Umbrales (« seuils » en français), la photographie de Javier Silva Meinel invite à franchir le visible pour explorer les profondeurs inconscientes du réel. Ses images mêlent réel, imaginaire et symbolique jusqu’à les confondre, ouvrant un territoire de passage où la photographie devient un lieu de transition, « l’image seuil ».

Paucartambo
,
1987 de Javier Silva
Meinel
Paucartambo, 1987 © Javier Silva Meinel / Galerie Younique

Une cosmovision Andine

Pour cette première rétrospective en France consacrée à Javier Silva Meinel, la Maison de l’Amérique latine présente une centaine d’œuvres — tirages argentiques, impressions sur aluminium, caissons lumineux et wallpapers — dans lesquelles portraits, paysages et rituels interrogent les liens entre l’humain, le territoire et le sacré.

María Reiche y las
líneas de Nazca,
1993 de Javier Silva
Meinel
María Reiche y las líneas de Nazca, 1993 © Javier Silva Meinel / Galerie Younique

Sur un parcours imaginé par le commissaire Alejandro León Cannock, le visiteur découvre les images de ce photographe nourri par la cosmovision andine et ses traditions. Parmi elles, vous pouvez admirer Paucartambo (1987), publiée dans El libro de los encantados (1988), où l’on devine un « Quolla » saisi en pleine danse. Dans le même esprit, Javier Silva Meinel capture dans Maqtas y el bolero (1996) un groupe de maqtas, figures carnavalesques andines connues pour leurs performances humoristiques pendant les festivités de la Virgen del Carmen.

Vous trouverez également María Reiche y las líneas de Nazca (1993) avec laquelle le photographe nous offre une vision terrestre, intime et contemplative des lignes de Nazca. L’œuvre met en scène María Reiche, célèbre archéologue allemande qui consacra sa vie à la préservation de ces géoglyphes précolombiens datant d’environ 500 av. J.-C. Face à cet immense paysage organique et sinueux, la protagoniste apparaît en profonde communion avec un territoire qui semble se déployer à l’infini.

Crédits photo principale : Ollantaytambo, 1999 © Javier Silva Meinel / Galerie Younique


INFORMATIONS PRATIQUES


Hombre con ave,
1996 de Javier Silva
Meinel
Hombre con ave, 1996 © Javier Silva Meinel / Galerie Younique
  • TITRE : Umbrales, Javier Silva Meinel. Une poétique de l’image
  • LIEU : Maison de l’Amérique latine
  • ADRESSE : 217, Bd Saint-Germain 75007 Paris
  • HORAIRES : Du lundi au vendredi de 10h00 à 20h00 et le samedi de 14h à 18h. Fermé dimanche et jours fériés.
  • DATES : jusqu’au 25 juillet
  • ENTRÉE : entrée gratuite
  • RENSEIGNEMENTS : Maison de l’Amérique latine