Nous vous souhaitons une belle et heureuse année 2026, pleine de joie et de frissons qui n’auront bien sûr rien à voir avec les températures glaciales de ces jours derniers ! Du côté de la culture, cette nouvelle année démarre en fanfare avec une débauche de sorties cinéma, de concerts, de spectacles et de festivals à déguster sans modération…


En salles…

Toujours en salle, il est encore temps de découvrir L’Agent secret, une œuvre ambitieuse du réalisateur brésilien Kleber Mendonça Filho qui relève haut la main un double défi narratif et politique. Il signe ainsi une fresque sur le Brésil des années 1970 où, derrière une insouciance de façade, la société vivait dans un climat de peur latente et de dissimulation.

Alberto Rodríguez, réalisateur de l’inoubliable La Isla Mínima a signé quant à lui son retour dans les salles obscures le 31 décembre dernier avec Los Tigres, un thriller sous-marin d’une prouesse technique exceptionnelle qui prend corps dans le port de Huelva. Incarné par deux piliers du cinéma espagnol, Antonio de la Torre et Bárbara Lennie, le film dévoile le quotidien des plongeurs-réparateurs de navires tout en dressant le portrait d’une région du sud de l’Espagne dans laquelle le trafic de drogue fait littéralement des ravages.

C’est mercredi prochain, le 7 janvier, que vous pourrez (re)découvrir Le Sud de Víctor Erice. En 1983, le réalisateur espagnol signait l’un des plus beaux films de l’histoire du cinéma ibère, Le Sud, une œuvre lyrique, mystérieuse, imprégnée de silences et d’ombres, à l’image d’Agustín, le père de la jeune héroïne Estrella. Dix ans après L’Esprit de la ruche (1973), Erice se plonge à nouveau dans le monde de l’enfance, puis de l’adolescence, en suivant les pas d’une jeune fille solitaire, troublée par l’étrangeté de ce père qu’elle admire et dont elle cherche, dans la pénombre de sa chambre, les réponses aux nombreuses questions qu’elle se pose.

Resté inédit en France jusque-là, La Reconquista, sorti en Espagne en 2016, investit enfin les écrans de l’Hexagone. Une excellente nouvelle pour les amateurs du cinéma de Jonás Trueba ! Ce quatrième long métrage du réalisateur madrilène met en scène une histoire aussi fraîche que délicate sur les thèmes du premier amour, du passage du temps et sur la façon dont chacun mémorise et réinterprète ses souvenirs. Rendez-vous le 28 janvier dans les salles obscures !

La musique…

Avec El GritoLa Cumbia Chicharra signait en 2021 un quatrième album gorgé de soleil, de joie de vivre et de bonnes vibrations… C’est donc avec un plaisir non dissimulé que nous accueillons aujourd’hui Quinto Mundo, un nouvel opus qu’ils présenteront le 9 janvier 2026 au Studio de l’Ermitage. À l’image de la ville de Marseille où La Cumbia Chicharra est née il y a quinze ans, Quinto Mundo est un vibrant cocktail musical qui embrasse des sonorités venues du monde entier…

Son précédent album, Cristal Tangos (2021), de même que son concert au Bal Blomet qui avait suivi, nous avaient tout particulièrement séduits ! Juan Ramos et ses musiciens sont de retour avec un nouvel opus, Otros Tangos, qui navigue entre tradition et modernité et s’offre même le luxe d’emmener plusieurs classiques de la chanson française dans l’art porteño. Un album que vous pouvez d’ores et déjà écouter ici et que Juan Ramos présentera le 20 janvier sur la scène du 360 Paris Music Factory !

Prêts pour un marathon de musique ? La 35ème édition du festival Sons d’hiver démarrera dès le 30 janvier et se poursuivra jusqu’au 21 février ! Au programme, deux soirées spéciales consacrées à deux labels américains mythiques, Impulse ! et International Anthem, une relecture du la cultissime B.0 de La Planète Sauvage par l’Orchestre National de Jazz, un grand week-end « Éloge de la Créolité » sans oublier le joueur de banjo américain Béla Fleck en trio avec le harpiste colombien Edmar Castañeda et le batteur mexicain Antonio Sánchez pour un set jazzy matiné d’accents folk et latins, mais aussi ¡Ya Voy!, le projet commun du contrebassiste Thibault Cellier et de la chanteuse Alejandra Charry qui nous emmènera à la croisée des musiques traditionnelles colombiennes et de l’improvisation.

C’est à une rencontre musicale inédite que le Théâtre de la Ville – Sarah Bernhardt nous convie le 1er février 2026. À votre gauche, Maria Mazzotta, voix iconique de la région des Pouilles. À votre droite, Raül Refree, producteur et musicien catalan de génie qui a littéralement propulsé cette dernière décennie les musiques traditionnelles dans le 21ème siècle. Au centre des débats, une relecture moderne et gorgée d’expérimentations de la pizzica taranta, une forme de tarentelle typique de la région des Pouilles et traditionnellement associée à des rites de catharsis et de guérison.

Puis, c’est une authentique légende cubaine que nous retrouverons le 5 février sur la scène du Trianon. Tout juste nominé aux Latin Grammys pour son dernier album, Mira Cómo Vengo, Issac Delgado est de retour sur scène pour un show qui s’annonce muy caliente ! Humble et chaleureux, El Chevere se distingue depuis son envol de NG La Banda il y a trente ans un travail musical ancré dans le respect des icônes de la musique cubaine telles que Benny Moré, Miguelito Cuní, Celia Cruz ou Pacho Alonso

Enfin, c’est un authentique phénomène de la nouvelle scène musicale espagnole que vous pourrez retrouver sur la scène du Cabaret Sauvage le 6 mars prochain. Porté par le succès viral de son single Si No Estás (2024) Iñigo Quintero a rapidement confirmé tout son potentiel artistique avec un premier album, El Sito de Siempre, gorgé de sucreries latin pop particulièrement bien ciselées. Un album qui confirme que le jeune espagnol est tout sauf un one hit wonder

Les spectacles

Amateurs de flamenco, tenez-vous prêts !

Depuis déjà quelques années, sous l’impulsion de l’association Art Gallery et Art Production Constantin, le Théâtre Le Ranelagh s’est affirmé comme un lieu d’expression privilégié de talents émergents ou confirmés de la danse espagnole. Après Rose d’Espagne de la Compagnie Alejandro LaraAve de Plata de Sara Jiménez ou Suite espagnole, le gala des solistes du Ballet national d’Espagne, c’est la danseuse et chorégraphe d’origine chilienne Florencia Oz, longtemps pensionnaire du Ballet Flamenco de Andalucía et collaboratrice régulière de la compagnie de Rafaela Carrasco, qui viendra nous présenter le 4 février 2026 En este día, en este mundo, un spectacle de danse flamenco novateur et résolument contemporain.

Tous les deux ans, la Biennale Flamenco à Chaillot – Théâtre national de la Danse nous convie à une fiesta flamenca exceptionnelle. Pour cette nouvelle édition, qui connaît depuis ses débuts un succès éclatant, Chaillot propose un programme riche rassemblant quatre spectacles d’artistes majeurs de la scène actuelle, ainsi qu’un week-end Chaillot Expérience, les 7 et 8 février, offrant au public une immersion totale dans la magie du flamenco.

Le flamenco sera de nouveau à l’honneur du 27 mars au 2 avril avec Afanador, une création du Ballet Nacional de España qui initie un dialogue percutant entre danse et photographie et dans laquelle les attributs du flamenco traditionnel, le châle, l’éventail, les castagnettes, s’inscrivent dans une dynamique contemporaine et résolument queer !

Expos

Il est tristement célèbre pour être l’un des passages migratoires les plus dangereux au monde. La région du Darién, forêt marécageuse située entre la Colombie et le Panama, est au cœur de la nouvelle exposition présentée à la Maison de l’Amérique latine. Avec Et nous voici, déchirés, Isabel De Obaldia révèle la réalité brute de celles et ceux qui traversent ce territoire au péril de leur vie, dans l’espoir d’un avenir meilleur. Pour sa première exposition en France, l’artiste franco-panaméenne ouvre un espace rare où l’art devient à la fois acte de mémoire, de solidarité et de vérité.

Longtemps relégué au second plan, l’art textile s’impose aujourd’hui comme un art à part entière. Le succès de l’exposition consacrée à l’artiste colombienne Olga de Amaral à la Fondation Cartier en a récemment offert une preuve éclatante. Le Louvre-Lens présente, au sein du Pavillon de verre, l’œuvre de l’artiste brésilienne Sonia Gomes (1948) dans laquelle tissus récupérés, souvenirs intimes et gestes ancestraux s’entrelacent pour tenir ensemble des fragments d’histoires intimes et collectives.

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