Avant sa venue estivale en France où il jouera notamment au festival Tempo Latino à Vic Fezensac et au New Morning à Paris, le chanteur et musicien brésilien Rogê, dont la côte de popularité n’a cessé de croître en Europe ces dernières années, a eu la gentillesse de répondre à quelques-unes de nos questions.
Tu te produiras cette année au festival Tempo Latino. Que représente pour toi le fait de jouer dans un festival aussi emblématique, le plus grand festival de musiques latines d’Europe ?
Cela représente énormément pour moi. Avant tout, je me sens très reconnaissant et pleinement conscient de la responsabilité que j’ai de représenter la culture brésilienne dans un événement et un lieu aussi emblématiques.
Ta musique est profondément enracinée dans les traditions brésiliennes, notamment la bossa nova et la samba, tout en conservant une dimension très contemporaine. Comment trouves-tu l’équilibre entre modernité et tradition ?
Je crois profondément en ce qui est vrai, en ce qui est authentique, ainsi qu’à l’héritage de la tradition. Lorsqu’on trouve sa propre vérité, on développe un son intemporel.
Tes projets récents, Curyman I et Curyman II, sortis sur le label Diamond West Records de Thomas Brenneck (Budos Band, Menahan Street Band…), marquent un nouveau chapitre dans ta carrière. Qu’est-ce que cette collaboration t’a apporté sur le plan artistique ?
Curyman est le portrait de cette période de ma vie où j’ai quitté mon pays pour m’installer ailleurs. Cette expérience me permet de regarder le Brésil sous un autre angle, avec une perspective différente. Tommy apporte lui aussi un regard nouveau en tant que personne non brésilienne et aussi en tant que producteur. Naturellement, le résultat sonne différemment.
Sur scène, ton univers est à la fois élégant et chaleureux, et tu chantes même un peu en français. Comment ressens-tu la réaction du public français à ta musique ?
J’adore le public français ! J’ai énormément de respect pour lui car, à mes yeux, les Français sont particulièrement réceptifs aux cultures venues d’ailleurs. C’est quelque chose que j’admire beaucoup. Je me sens extrêmement bien accueilli et adopté en France.

« Il règne dans les festivals une excitation particulière, une énergie naturelle. J’aime beaucoup cette atmosphère… »
Pour ceux qui seront à Paris mais ne se rendront pas à Tempo Latino, tu joueras également au New Morning le 28 juillet. Ce concert marquera le dixième anniversaire de ton tout premier concert à Paris, qui avait eu lieu dans une salle beaucoup plus intimiste… Que représente ce retour pour toi ?
J’ai déjà joué au New Morning l’an dernier ! J’aime Paris et chaque concert dans cette ville est une expérience formidable : c’est toujours puissant, toujours magique.
Tu as collaboré avec des artistes brésiliens légendaires tels que Arthur Verocai, Seu Jorge et Arlindo Cruz. Y a-t-il d’autres artistes avec lesquels tu rêverais de travailler ?
Oui ! J’ai eu l’honneur de collaborer avec Arlindo, Lincoln Olivetti et Wilson das Neves. Ils ont été mes partenaires, mes amis et mes maîtres. Avoir eu la chance de travailler avec eux a contribué à faire de moi l’artiste et la personne que je suis aujourd’hui. J’admire énormément d’artistes, des figures incontournables aux talents de la nouvelle génération… Mais je préfère laisser cette réponse au hasard !
Pour revenir à Tempo Latino, les festivals sont aussi des lieux de rencontres et d’échanges entre artistes. Cet aspect est-il important pour toi lorsque tu participes à un festival ?
Il règne dans les festivals une excitation particulière, une énergie naturelle. J’aime beaucoup cette atmosphère.
Si tu devais résumer en une seule émotion ce que tu aimerais transmettre au public lors de ce concert, laquelle serait-ce ?
Le monde est aujourd’hui un peu compliqué. Les guerres, le manque de connexion avec la nature, le manque d’affection… Je crois que dans des moments comme ceux-ci, la réponse — y compris politique — consiste à danser, à chanter ensemble et à se reconnecter à l’art.
Quels sont tes prochains projets ? Y a-t-il de nouvelles directions artistiques ou explorations créatives que tu souhaites entreprendre ?
Nous sommes en train d’achever la trilogie avec Curyman III, actuellement en préparation. C’était mon projet depuis le début, et être aujourd’hui si près d’atteindre cet objectif est une immense satisfaction.
Retrouvez ici notre chronique sur l’édition 2026 de Tempo Latino !
Crédits photo principale : Rogê © Julian Klincewicz






