Nous y sommes, après un été indien qui a joué les prolongations, l’automne est bel et bien là, avec son ciel bas et son thermomètre qui n’en finit pas de dégringoler… Mais défense d’hiberner, il y a tant à faire ces prochaines semaines que ce serait un crime de rester au chaud sous votre couette !
En salle…
Si vous ne les avez pas vus en octobre, trois films sont encore à l’affiche pour quelques jours, Le chant des oliviers d’Alex Camilleri, Ton animal maternel de Valentina Maurel et Marie Madeleine de Gessica Généus.
On se souvient encore très bien de Luzzu, un film présenté à Sundance et gratifié du Prix de la meilleure interprétation masculine, qui racontait l’histoire d’un jeune maltais se battant pour vivre de la pêche artisanale. Avec Le chant des oliviers, son second long métrage, Alex Camilleri a choisi de mettre en lumière la tradition des chants maltais et de nous parler des rapports entre générations dans une île marquée par une très forte émigration.
Comme l’écrivait Léon Tolstoï dans Anna Karénine : « Toutes les familles heureuses le sont de la même manière, les familles malheureuses le sont chacune à leur façon. » Une citation qui résonne tout particulièrement avec le second long métrage de Valentina Maurel, Ton animal maternel, dans lequel la réalisatrice costaricienne explore à nouveau – et avec talent – les relations au sein de la famille. Un film qui happe le spectateur par sa rare intensité, porté par les interprétations remarquables de ses trois protagonistes féminines.
Elle a réalisé un véritable exploit, faire du cinéma à Haïti pour ensuite le présenter au festival de Cannes ! Après Freda, portrait d’une jeune femme courageuse qui se battait pour survivre et rester dans son pays, la réalisatrice haïtienne Gessica Généus présente Marie Madeleine, un film qui suit la rencontre entre une prostituée et un homme d’Église et qui s’affirme comme une réflexion avisée sur la liberté et la religion.
C’est le 11 novembre que vous pourrez découvrir À jamais les premières de Marta Díaz de Lope Díaz. Pendant de longues années, le football féminin a largement été mis de côté, poussant les fédérations à créer des organisations pirates, jusqu’à sa reconnaissance par l’UEFA en 1982 et par la FIFA en 1991. Pour ne pas oublier le chemin parcouru et rendre hommage à ces pionnières, Marta Díaz de Lope Díaz a choisi de nous raconter l’histoire du premier match international de football féminin espagnol dans les années 70. Le résultat ? Une comédie sociale joyeusement féministe !
Du 17 au 29 novembre, le Jeu de Paume met l’honneur une nouvelle génération de cinéastes catalanes avec le cycle Les liens qu’elles tissent. Cinéastes catalanes au présent. Soucieux de faire découvrir au public français de nouveaux horizons cinématographiques, le Jeu de Paume met à l’honneur cette nouvelle génération de cinéastes catalanes qui portent chacune des regards singuliers sur les thématiques féminines et revendiquent un travail collectif comme une nouvelle façon de faire de cinéma.
Rendez-vous ensuite le 25 novembre pour découvrir La libertad doble de Lisandro Alonso. Plus de 20 ans après La libertad (2001), son premier long métrage, Lisandro Alonso retrouve Misael Saavedra, le bûcheron de la Pampa argentine pour un deuxième volet intitulé La libertad doble. On le retrouve là où on l’avait laissé, au cœur de cette forêt où il vit toujours seul, muni de sa hache, passant ses journées à abattre des arbres. Un film qui invite à prendre le temps, à se poser et à réfléchir…
On connaît tous André Malraux comme écrivain et homme politique, mais on connaît moins son expérience en tant que réalisateur et son implication dans la guerre d’Espagne. Il s’est ainsi engagé aux côtés des républicains espagnols, prenant part à leur combat contre les forces franquistes de 1936 à 1937. C’est précisément durant cette période que naît chez lui le projet de réaliser Espoir. Sierra de Teruel, un film épique qui constitue un témoignage historique précieux sur la guerre d’Espagne. (Re)découvrez-le en salles le 25 novembre prochain !
La musique…
Totó la Momposina, immense voix des Caraïbes colombiennes, nous a quittés le 17 mai dernier à l’âge de 85 ans. Pour sa grande soirée de clôture, le festival Villes des Musiques du Monde réunit sur scène ses anciens compagnons de route ainsi que sa famille afin de célébrer son héritage musical. Une soirée placée sous le signe de la mémoire, de la transmission, de la fête et de la cumbia !
Si la Méditerranée est un carrefour de cultures et de civilisations, Catalina Skinner & l’Ensemble Stella d’Oriente nous en offre une expression musicale en tout point saisissante. Emmené par la mezzo-soprano Catalina Skinner, cet ensemble réunit des musiciens français, colombiens, syriens, libanais et occitans autour d’un répertoire puisant dans les traditions musicales de la Méditerranée médiévale, entre instruments arabes et européens anciens. Au programme, un premier album saisissant à découvrir le 6 novembre et un concert qui s’annonce époustouflant le 3 décembre au Studio de l’Ermitage.
À découvrir également, le tout nouvel album de la bassiste et contrebassiste équatorienne Helena Recalde, A la Costa, à paraître le 13 novembre prochain. Un opus porté par la direction artistique de Julien Lourau, pilier du jazz made in Paname et qu’elle présentera le 14 janvier prochain sur la scène du Studio de l’Ermitage. En attendant de vous en dire plus sur ce projet qui explore les racines africaines des sonorités équatoriennes et sud-américaines, plongez dans ce teaser vidéo pour vous donner un avant-goût d’A la Costa…
Beats acérés, envolées de flûte traversière, textes conscients assenés avec force et conviction, La Dame Blanche débarque le 21 novembre au Pan Piper ! Un show électrique, entre rythmes afro-cubains, trap, reggae et électro, taillé pour le dancefloor. De quoi se réchauffer un peu par ce temps rigoureux !
Les spectacles
À découvrir du 5 au 15 novembre prochain au Théâtre de l’Épée de Bois, Beator de Hugo L’Espagnol, un spectacle entre musique, danses et littérature signé Didier Lazaro et la Compagnie Slamenko qui explore la relation de Victor Hugo avec l’Espagne, les femmes, la poésie, le voyage et l’exil. À partir de textes, lettres et déclarations choisis, Didier Lazaro nous délivre, entre slam et flamenco, cette facette méconnue du célèbre écrivain.
L’excellent show Pasión de Buena Vista, qui s’est imposé en quelques années comme une référence du genre, fera son grand retour en France en 2027. Pour les franciliens, Pasión de Buena Vista passera par Yerres (le 29.01), Longjumeau (le 30.01), Saint-Germain en Laye (le 31.01) et par Paris à la Salle Pleyel (le 3.02) ! La Province n’a pas été oubliée, rendez-vous ici pour retrouver toutes les dates de la tournée !
Expos
Une visite s’impose à la Cité des Sciences et de l’Industrie pour retrouver entre ses murs l’exposition Frontière. Mettant en valeur le travail de terrain de géographes et de chercheurs, Frontière propose des clés de compréhension et d’analyse de ces « bordures » qui structurent le monde dans lequel nous vivons. Une exposition en tout point passionnante !
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