Premier long métrage d’Andrés Peyrot, Dieu est une femme est un voyage en terres panaméennes au sein du peuple Kuna, une communauté qui vit principalement dans l’archipel de Kuna Yala, sur la côte caribéenne. Présenté au Festival de Venise, ce long métrage s’intéresse à l’histoire d’un autre film perdu il y a 50 ans. Mais aussi et surtout, il fait du cinéma le gardien de la culture et des ancêtres.


Une rencontre et un voyage sur l’île d’Ustupu

Comme souvent dans la création artistique, c’est une rencontre qui a déclenché l’envie de faire ce film. En 2010, au festival de cinéma de Panama, Andrés Peyrot fait la connaissance d’Orgun, un des jeunes réalisateurs que l’on voit dans son film. À l’invitation d’Orgun, Andrés Peyrot, se rend sur l’île d’Ustupu pour rencontrer la communauté dont son jeune ami est originaire.

« J’ai mentionné un peu naïvement que je trouverais intéressant d’y tourner un film, sans avoir encore d’idée précise. C’est un peu devenu une blague, les gens que je croisais sur place rigolaient en disant : « Bon courage, ça a déjà été fait par un Français il y a plus de 40 ans et ça ne s‘est pas très bien fini. » J’ai eu envie de creuser, mais je n’avais pas imaginé que cela prendrait 10 ans… », explique le réalisateur suisso-panaméen.

En effet, en 1975, dans cette contrée reculée du monde, le réalisateur français Pierre-Dominique Gaisseau avait déjà tourné un film. Intitulé, Dieu est une femme, il y abordait le rôle clé de la femme chez les Kunas. Pour mener à bien le projet, Gaisseau, son épouse et leur fille Akiko, s’installent chez les Kunas une année durant.

Image du film Dieu est une femme
Image du film Dieu est une femme © Pryramide Distribution (2024)

La quête d’un film 

De retour en France, Andrés Peyrot, n’oublie ni les Kunas ni le film de Pierre-Dominique Gaisseau. Il découvre rapidement que ce dernier, même s’il n’était pas très connu, avait tout de même reçu en 1962 l’Oscar du meilleur documentaire pour Le Ciel et la Boue. Un jour, il contacte fille de Gaisseau qui lui explique que son père avait financé le film, mais n’avait pas réussi à le vendre. Le projet a fait faillite et la banque a même confisqué le film.

Image du film Dieu est une femme
Image du film Dieu est une femme © Pryramide Distribution (2024)

Contre toute attente, des années plus tard, les bobines refont surface à Panama dans un bureau du ministère de la culture. Mais fortement endommagées, leur exploitation n’est pas possible. Pour enfin mettre la main sur ce film, il faudra attendre l’appel d’un proche : « En 2017, Akiko reçoit l’appel d’un vieil ami de la famille qu’elle connaissait à peine et qui lui demande de le débarrasser de boîtes que lui avait confiées Gaisseau en rentrant vivre à Paris… Parmi elles, des bobines étiquetées « God is a Woman », poursuit Andrés Peyrot.

Avec Dieu est une femme, Andrés Peyrot met sur le devant de la scène un peuple aux traditions millénaires et évoque l’idée du cinéma comme un puissant passeur de mémoire. Le septième art est appréhendé ici comme un vecteur de transmission entre générations et comme un outil incontournable pour les jeunes de la communauté qui voient dans le cinéma et la production de vidéos une façon de mettre en valeur et de faire connaître leur culture.

Bande-annonce du film Dieu est une femme d’Andrés Peyrot (2024)

Crédits photos : Pyramide Distribution (photo de couverture)


FICHE DU FILM


Affiche du film Dieu est une femme
Affiche du film Dieu est une femme d’Andrés Peyrot (2024)
  • Titre original : Dieu est une femme
  • De : Andrés Peyrot
  • Date de sortie : 3 avril 2024
  • Durée : 1h25 min
  • Distributeur : Pyramide Distribution