Après Vers la Bataille, qui racontait l’histoire d’un photographe français se rendant au Mexique pour capturer des images de la guerre coloniale frappant le pays, Aurélien Vernhes-Lermusiaux nous entraîne, avec son nouveau film, dans le désert de la Tatacoa, en Colombie. Le cinéaste y signe une fable enchantée et sensorielle qui explore, avec une touche de réalisme magique, des thèmes tels que la perte d’un être cher, l’importance des traditions et la transmission au sein de la famille.
Le retour à la maison
Rentrer chez soi n’est jamais simple lorsqu’on a fui son passé, à fortiori lorsqu’il s’agit de dire adieu à un être cher. Après des années d’absence, Ciro quitte Bogotá pour revenir chez lui et se rendre au chevet de sa mère gravement malade. Cette dernière, qui vit ses dernières heures, semble s’accrocher à la vie comme si elle attendait de revoir son fils une dernière fois.
Dans cette contrée désertique, qui était il y a cinq millions d’années une forêt tropicale, Ciro retrouve sa famille à l’un des moments les plus sombres de son existence. Il redécouvre aussi un paysage fascinant, fait de dunes rougeâtres, ocres et grises et parsemées de cactus d’un vert intense. Mais surtout, il se confronte à un mode de vie profondément ancré dans les traditions et en parfaite harmonie avec la nature.

Le désert de la Tatacoa, un personnage à part entière
Pour raconter cette histoire, le réalisateur choisit de faire du désert le véritable protagoniste du film. Avec ses vastes étendues arides et ses habitants qui, malgré la rudesse de l’environnement, demeurent profondément attachés à leur territoire et à leur mode de vie, ce paysage devient un personnage à part entière. Ainsi, tout au long du film, Aurélien Vernhes-Lermusiaux s’appuie sur les sons naturels du désert — craquements du sol, vibrations de l’air, sonorités animales — qu’il amplifie jusqu’à façonner une authentique identité sonore.

Dans le même esprit, la couleuvre qui habitait autrefois le désert et qui lui donne son nom s’affirme comme une métaphore de la vie : « La couleuvre du film sert à souligner l’idée que la nature sauve et libère lorsque l’on accepte de s’y connecter. Symbole du territoire, elle incarne la possibilité d’une vie dans le désert. J’aime l’idée que notre monde ordinaire puisse parfois se transformer en monde imaginaire et que le réel soit empli de mystères que le cinéma nous aide à révéler », explique ainsi Aurélien Vernhes-Lermusiaux.
Crédits photos : ARP Selection (photo de couverture)
FICHE DU FILM

- Titre original : Culebra negra
- De : Aurélien Vernhes-Lermusiaux
- Avec : Alexis Lozano Tafur, Miguel Ángel Viera, Ángela Rodríguez
- Date de sortie : 25 mars 2026
- Durée : 1h25
- Distributeur : ARP Selection






