Pour clore une riche Saison Méditerranée 2026, la Philharmonie de Paris nous convie à un grand week-end de festivités consacré à la richesse et à la diversité des traditions musicales du Maroc. Au programme : musiques gnaoua, amazighe et arabo-andalouse à travers des concerts, des promenades musicales, des spectacles en famille, des rencontres et une exposition. Suivez le guide !


Le 29.10. Transes gnaouas avec Maâlem Abdelkébir Merchane & Hind Ennaira

Coup d’envoi des festivités dès jeudi soir à la Salle des concerts de la Cité de la musique, avec une grande soirée consacrée à la culture musicale gnaoua. 

Deux artistes de générations différentes se succéderont sur scène, portant chacun à leur manière cette tradition ancestrale. C’est Maâlem Abdelkébir Merchane, icône de cet art séculaire, qui ouvrira la soirée. Initié dès son plus jeune âge à la pratique du guembri, il fait vivre depuis plus de quatre décennies cette musique de transe, de spiritualité et de communion.

Il sera suivi par Hind Ennaira, qui incarne la nouvelle génération de musiciennes gnaouies. Chanteuse et joueuse de guembri – un instrument rarement joué par les femmes – elle prolonge cette tradition tout en lui insufflant une énergie nouvelle, à la fois féminine et inclusive. 

Entre héritage et renouveau, cette soirée dédiée à la transe gnaoua devrait nous offrir un beau dialogue entre générations.

Hind Ennaira – Medley Gnaoua live au Blue Note Agadir (2023)

Le 30.10. Traditions marocaines, du flamenco au blues

Vendredi soir, la Salle des concerts de la Cité de la musique nous convie à une grande soirée mêlant musiques, danses et chants. En lever de rideau, vous retrouverez l’Ensemble Lâabat de Benslimane, une formation féminine spécialisée dans les traditions musicales rurales marocaines, dont les rythmes et les mélodies envoûtantes portent des complaintes et des chants d’amours brisés. À ces chants se joignent des danses qui, par leur claquements, ne sont pas sans rappeler le flamenco… De là à franchir le détroit de Gibraltar pour convoquer l’art andalou, il n’y a qu’un pas que l’Ensemble Lâabat de Benslimane franchit en invitant sur scène l’excellente bailaora d’origine chilienne Florencia Oz et le cantaor Manuel Pajares, deux figures du flamenco contemporain.

Un concert entre Maroc et Andalousie, entre musiques populaires marocaines et flamenco !

Florencia Oz © MJ LARA

Après l’entracte, c’est Chérifa Kersit, grande voix de la tradition amazighe d’Afrique du Nord, qui montera sur scène pour un concert entre chants populaires et blues. Apparue sur la scène musicale au début des années 1980, Chérifa Kersit s’est imposée par sa voix libre et puissante et son répertoire mêlant poésie, récits et chants populaires. Pour cette rencontre, elle sera entourée du guitariste britannique Justin Adams, célèbre pour son travail avec le combo touareg Tinariwen, mais aussi d’Aziz Aarim au lotar et de Salah Maroufi et Abdellaziz Harcha au bendir.

Une rencontre entre sonorités amazighes et blues, où la guitare de Justin Adams dialoguera avec la voix et les instruments traditionnels marocains.

Chérifa Kersit – Festival des Musiques Sacrées du Monde de Fès (2017)

Le 31.10. Une grande soirée andalouse pour clore les festivités

Le samedi, la Philharmonie poursuivra son exploration des traditions musicales marocaines avec Couleurs du Maroc (14h30 et 15h30), une déambulation musicale dans les allées du Musée de la musique, puis, avec Paroles de cœur, musiques des plaines et des montagnes (16h), un spectacle familial consacré au patrimoine musical des femmes amazighes. Un après-midi sous le signe de la transmission avant le grand rendez-vous du soir !

En effet, c’est à 20 heures que la Soirée Andalouse investira la Grande salle Pierre Boulez de La Philharmonie de Paris.

Sous la direction de Mohamed Briouel, l’Orchestre marocain de musique andalouse, qui rassemble pas moins d’une trentaine de chanteurs et de musiciens, accompagnera cinq voix féminines venues aussi bien du Maroc et du Liban que d’Espagne, de Grèce ou d’Italie…

Des chants andalous judéo-arabes de Sanaa Marahati aux chants liturgiques araméens de la Libanaise Ghada Shbeir, tout en passant par les Cantigas de Santa Maria de l’Espagnole Anaïs Oliveira, les chants populaires grecs d’Erini Derebei et les chants des Pouilles de Rachele Andrioli, cette grande soirée musicale s’annonce comme une authentique odyssée musicale à travers la Méditerranée !

Une belle manière de clore cette Saison Méditerranée 2026 en célébrant, par-delà les frontières, ces liens séculaires qui unissent les traditions musicales méditerranéennes.

Présentation de l’Orchestre Marocain de musique Andalouse / Le Site Info (2024)

Enfin, notez qu’en marge de ces différents événements, de nombreuses activités vous sont également proposées comme des clés d’écoute avec des doctorants en musicologie, des ateliers, des conférences, ainsi que l’exposition Hassan Hajjaj – My Rock Stars, consacrée aux portraits hauts en couleur du photographe marocain Hassan Hajjaj avec en toile de fond une création musicale signée Acid Arab.

Venez nombreux !

Crédits photo principale : Hind Ennaira © Taklit Presse


INFORMATIONS PRATIQUES


Affiche Week-end Maroc à La Philharmonie de Paris (2026)
  • ÉVÉNEMENT : Week-end Maroc
  • AVEC : Maâlem Abdelkébir Merchane, Hind Ennaira, l’Ensemble Lâabat de Benslimane, Chérifa Kersit, l’Orchestre marocain de musique andalouse
  • DATES : du 29 au 31 octobre 2026
  • LIEUX : Cité de la Musique & Philharmonie de Paris
  • ADRESSE : 221 avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris M° Porte de Pantin
  • RENSEIGNEMENTS : www.philharmoniedeparis.fr