Comme l’écrivait Leon Tolstoi dans Anna Karerina : « Toutes les familles heureuses le sont de la même manière, les familles malheureuses le sont chacune à leur façon. » Une citation qui résonne tout particulièrement avec le second long métrage de Valentina Maurel. Dans Ton animal maternel, la réalisatrice costaricienne explore à nouveau – et avec beaucoup de talent – les relations au sein de la famille. Un film qui happe le spectateur par sa rare intensité, porté par les interprétations remarquables de ses trois protagonistes féminines.


Une suite naturelle

Il y a des films si puissants que leurs échos ne finissent jamais de retentir. Ton animal maternel de Valentina Maurel semble être la suite naturelle de son premier film, Tengo sueños eléctricos. Si, dans ce dernier, c’était la figure du père, et surtout la relation père fille, qui prenait de l’importance, ce sont davantage la mère et les filles, ainsi que les relations entre sœurs, qui sont au cœur de l’histoire de Ton animal maternel.

En évoquant la genèse de son film, la cinéaste costaricienne explique : « Mon envie d’écrire Ton Animal Maternel est née de ma frustration de ne pas avoir pu développer davantage certains personnages dans mon premier film. J’aime beaucoup les personnages. Ils sont au centre de ma façon de travailler. Les sacrifier est un crève-cœur. »

Image du film Mon animal maternel
Image du film Mon animal maternel © JHR Films

Trois femmes en détresse

Ton animal maternel, c’est l’histoire de trois femmes d’une même famille. D’abord, il y a Elsa (Daniela Marín Navarro), une fille sensible et intelligente qui semble avoir les idées claires. Son retour au Costa Rica, après des études en Europe, va bouleverser le fragile équilibre familial. Depuis son arrivée, Elsa s’inquiète terriblement pour Amalia (Mariangel Villegas), sa petite sœur, qui vit seule dans la maison de leur enfance, obsédée par des croyances ésotériques et dont le comportement est devenu pour le moins étrange.

Image du film Mon animal maternel
Image du film Mon animal maternel © JHR Films

Et puis, il y a sa mère, Isabel, (Marina de Tavira) qui ne semble pas vraiment se faire de souci pour le sort d’Amalia et qui occupe ses journées à préparer la réédition d’un recueil des poèmes érotiques publiés dans sa jeunesse.

C’est autour de ce triangle affectif que se construit l’intrigue du film. Avec une mise en scène pleine d’onirisme et de mystère, Valentina Maurel dresse le portrait de trois femmes en détresse, chacune confrontée à ses fragilités. Amalia la plus égarée des trois, semble tout droit sortie d’un conte d’Un lieu ensoleillé pour personnes sombres, de Mariana Enríquez. Par moments, son comportement et sa vulnérabilité rappellent également Mabel, le personnage incarné par Gena Rowlands dans Une femme sous influence de John Cassavetes. Elsa, en revanche, n’est pas aussi solide qu’elle le paraît : au contact de sa sœur et de sa mère, ses certitudes vacillent peu à peu, l’amenant à remettre en question sa propre perception du monde. Quant à leur mère, elle représente l’artiste confrontée au manque de reconnaissance et à l’inexorable passage du temps.

À noter que l’interprétation magistrale des trois actrices principales leur a valu à Cannes le prix de l’interprétation féminine dans la section Un certain Regard.  

Bande-annonce du fim Ton animal maternel de Valentina Maurel (2026)

Crédits photos : JHR Films (photo de couverture)


FICHE DU FILM


Affiche du film Mon animal maternel
Affiche du film Mon animal maternel de Valentina Maurel (2026)
  • Titre original : Siempre soy tu animal materno
  • De : Valentina Maurel
  • Avec : Daniela Marin Navarro, Mariangel Villegas, Marina Tavera
  • Date de sortie : 7 octobre 2026
  • Durée : 1h45
  • Distributeur : JHR Films