C’est la rentrée, les jeux sur la plage, les apéros à rallonge et les parties de cartes à n’en plus finir ne sont déjà plus qu’un lointain souvenir… Mais pas de quoi se morfondre pour autant, l’été indien pointe déjà le bout de son nez et nous avons sous la main une foule de propositions culturelles pour faire passer la plus belle des rentrées !
En salle…
Sortis au cœur de l’été, deux excellents long-métrages sont encore à l’affiche, Chicas Tristes de la réalisatrice mexicaine Fernanda Tovar et La fille Condor du réalisateur bolivien Álvaro Olmos Torrico.
Chicas Tristes est un film profondément sensible et bouleversant qui porte son regard sur la question des violences sexuelles, mais qui est aussi le récit de deux adolescentes inséparables, La Maestra et Paula, deux nageuses qui rêvent de se rendre au Brésil pour participer à une compétition. Une véritable ode a l’amitié !
La fille Condor prend quant à lui la forme d’un fascinant voyage dans les Andes boliviennes au sein d’une communauté quechua. C’est là que la jeune Clara apprend aux côtés d’Ana le métier d’accoucheuse traditionnelle… Mais prise par son désir irrépressible de découvrir la ville, elle décide de partir à la découverte de nouveaux horizons…
Ce sera le 9 septembre que vous pourrez découvrir en salle un documentaire captivant ! Il aura fallu plus de vingt ans à Christophe Dimitre Réveille pour réaliser Les survivants du Che. Passionné par la figure de Ernesto Che Guevara, mais aussi par ceux qui l’ont suivi sur les terres boliviennes, le cinéaste rend hommage à ces hommes pris dans le tourbillon de l’Histoire. Ayant échappé à la mort, ils réussirent à quitter le pays après avoir été traqués par l’armée et avoir parcouru près de 2400 kilomètres.
On se souvient encore très bien de Luzzu, un film présenté à Sundance et gratifié du Prix de la meilleure interprétation masculine, qui racontait l’histoire d’un jeune maltais se battant pour vivre de la pêche artisanale. Avec Le chant des oliviers, son second long métrage, Alex Camilleri a choisi de mettre en lumière la tradition des chants maltais et de nous parler des rapports entre générations dans une île marquée par une très forte émigration.
La musique…
De La Boule Noire à La Maroquinerie, puis de La Cigale à l’Olympia en à peine deux petites années… Portée par l’imparable single Soleil Bleu, la trajectoire artistique de la jeune chanteuse franco-brésilienne Luiza a de quoi impressionner ! C’est dans le cadre du Festival de Marne qu’elle se produira le 2 octobre prochain avec en première partie un autre jeune artiste gorgé de talent, Luazó. Cette 40ème édition du festival nous offre ainsi une occasion en or de la voir sur scène à un jet de pierre de Paris, tout en proposant à l’affiche une multitude d’artistes de renom tels que Yael Naim, Ladaniva, Bertrand Belin, Alela Diane, Sinclair, Charlie Winston, Stéphane Eicher, Benjamin Biolay, Imany ou Marco Ferreira…
C’est le 11 octobre que nous pourrons assister au retour à l’Olympia d’une légende de la chanson catalane, 50 ans après son premier concert dans la mythique salle parisienne ! En effet, le 27 avril 1975, Maria del Mar Bonnet délivrait sur la scène de l’Olympia un concert mémorable dont l’album live a inspiré plusieurs générations d’artistes catalans. Interdit par la censure à sa sortie, cet album est aujourd’hui réédité et constituera le socle des chansons qu’elle viendra nous interpréter !
Beats acérés, envolées de flûte traversière, textes conscients assenés avec force et conviction, La Dame Blanche débarquera finalement à Paris le 21 novembre au Pan Piper, son concert du 3 juillet ayant malheureusement du être annulé. Alors encore un peu de patience pour pouvoir enfin assister à ce show électrique, entre rythmes afro-cubains, trap, reggae et électro !
Les spectacles
Plus libre, audacieuse et radicale que jamais, Rocío Molina repousse une fois encore les frontières de la danse flamenca avec Encender el cuerpo, une création mondiale présentée pour la première fois au public du 1er au 3 octobre à Chaillot – Théâtre national de la Danse. Centrée sur le zapateado, ces frappes de pieds si caractéristiques du flamenco, la nouvelle pièce chorégraphique de la bailaora andalouse en explore tous les possibles, jusqu’aux limites physiques du corps, pour atteindre la transe, jusqu’à l’embrasement…
Amateurs de spectacles cubains, à vos agendas car l’excellent show Pasión de Buena Vista, qui s’est imposé en quelques années comme une référence du genre, fera son grand retour en France en 2027. Pour les franciliens, Pasión de Buena Vista passera par Yerres (le 29.01), Longjumeau (le 30.01), Saint-Germain en Laye (le 31.01) et par Paris à la Salle Pleyel (le 3.02) ! La Province n’a pas été oubliée, rendez-vous ici pour retrouver toutes les dates de la tournée !
Expos
Envie d’explorer le street art ? Après le succès de We Are Here il y a deux ans, le Petit Palais accueille We Are (Still) Here jusqu’au 20 septembre. Dans cette nouvelle exposition entièrement gratuite, les œuvres de près de 75 artistes venus de toutes les sphères du street art dialoguent avec les collections patrimoniales du musée.
Rendez-vous à la Maison de l’Amérique latine pour découvrir une figure majeure de la photographie péruvienne et latino-américaine. Depuis 40 ans, Javier Silva Meinel arpente les sentiers du Pérou, de la côte au désert, du désert aux Andes, des Andes à la forêt amazonienne pour nous livrer une œuvre en noir et blanc d’une intensité saisissante et dans laquelle le réel convoque avec finesse l’imaginaire.
Une visite s’impose également à la Cité des Sciences et de l’Industrie pour retrouver entre ses murs l’exposition Frontière. Mettant en valeur le travail de terrain de géographes et de chercheurs, Frontière propose des clés de compréhension et d’analyse de ces « bordures » qui structurent le monde dans lequel nous vivons. Une exposition en tout point passionnante !
Livres
En cette rentrée – et même si ce roman a été publié en février – nous vous recommandons vivement la lecture de Minuit à Bord de Laura Alcoba. Grâce à une prose d’une extraordinaire finesse, l’autrice franco-argentine signe un roman envoûtant, d’une grande sensibilité, dans lequel elle esquisse le portrait des troublantes années 30 à Paris et où elle ressuscite le parcours et l’œuvre d’un poète malmené par l’Histoire qui, avec sa sœur Line et son épouse Geneviève, formaient un trio aussi harmonieux qu’inséparable.
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