Le confinement ? Cette période si particulière de nos vies est à présent derrière nous et ne nous inspire pas vraiment de regrets… Et pourtant, tous autant que nous sommes, nous avons vécu dans ce laps de temps suspendu des instants uniques, que seules les situations extrêmes sont à même de générer. En ce qui nous concerne, ce concert que le guitariste et chanteur argentin Amando Risueño a donné au Studio de l’Ermitage le 10 décembre 2020, au plus fort du second confinement, fut une parenthèse enchantée…


Un concert pas comme les autres

Un concert en plein confinement ? Ce n’est pas ce qui était prévu à l’origine, mais plutôt que d’annuler la présentation de son nouvel album dédié à Atahualpa Yupanqui, Amando Risueño a choisi contre vents et marées de maintenir la date et d’en assurer la diffusion en live streaming.

Sur place, deux heures avant le début du concert, Amando Risueño, sa femme Florence et une poignée de professionnels de la profession, journalistes, attachés de presse, techniciens, sont présents…On se détend, on boit un verre, on mange, on papote de tout et de rien et ce, jusqu’à 20h45 précises, soit le temps nécessaire pour que tout ce petit monde se mette en place et que le concert commence à l’heure dite.

Silence. Nous sommes en direct et Amando Risueño nous embarque pour un formidable voyage au cœur de son Argentine natale. Des hauteurs de Ménilmontant aux contreforts de la cordillère des Andes, il n’y a qu’un pas que le chanteur, seul sur scène avec sa guitare, ne tarde pas à nous faire franchir. Entre les morceaux, silence de cathédrale. Nous sommes littéralement pendus à ses lèvres lorsqu’il nous raconte les origines et le sens profond des chansons qu’il vient ou qu’il s’apprête à interpréter.

Concert d’Amando Risueño au Studio de l’Ermitage

Fin du concert, tonnerre d’applaudissements. On s’étonne qu’une si petite poignée de personnes puisse faire autant de bruit. Amando Risueño nous rejoint alors au bar et nous lui posons quelques questions sur sa trajectoire artistique et sur ce répertoire d’une richesse incroyable qu’il interprète avec tant de passion.

Fin du direct, fondu au noir, on se détend, bien aidés par un excellent single malt et une constellation de bouteilles de Clairette de Die qui font leur apparition comme par magie sur le bar. La soirée suit son cours, on parle un peu fort et au troisième « bon, ok, un dernier et on y va », on finit par y aller vraiment.

Sur le chemin du retour, attestation professionnelle en poche pour que la soirée ne soit pas gâchée par la maréchaussée, on marche d’un pas léger, encore sous le charme de ce concert pas comme les autres… Au cœur de la crise sanitaire, alors que le monde de la culture fait le dos rond et ne sait pas vraiment de quoi demain sera fait, ce concert d’Amando Risueño, ce n’était pas que de la simple musique. C’était aussi un beau moment de résilience, gorgé d’humanité, qui a remis du baume au cœur à tous ceux qui y ont assisté.

L’avez-vous ressenti ou le ressentirez-vous devant votre écran ? On l’espère sincèrement.

Retrouvez ici plus d’informations sur Amando Risueño et son album El canto del viento dédié à Atahualpa Yupanqui.