Et voici le mois de mai, avec ses ponts généreux et ses terrasses ensoleillées ! Profitez bien, car l’an prochain, beaucoup de jours fériés tomberont un samedi, sans même parler de nombre de ministres et de parlementaires qui semblent bien déterminés à vous envoyer fabriquer du PIB… Alors profitez de ces jours bénis en vous reposant, en profitant de vos proches, et pourquoi pas, en découvrant une expo ou en allant à un concert ou au cinéma !


En salles…

Toujours à l’affiche en ce début de mois de mai, Nuestra Tierra de Lucrecia Martel, La Ville et les Chiens de Francisco J. Lombardi et Sorda d’Eva Libertad.

Avec sa célèbre trilogie de Salta — La Ciénaga (2001), La niña santa (2004) et La mujer sin cabeza (2008) — la réalisatrice argentine Lucrecia Martel s’est imposée comme l’une des cinéastes les plus singulières de sa génération. Elle revient aujourd’hui avec Nuestra Tierra, un documentaire poignant et révélateur qui suit le procès de l’assassinat du cacique autochtone Javier Chocobar par des propriétaires terriens.

En 1985, Francisco J. Lombardi réalisait La Ville et les Chiens, une adaptation du roman de Mario Vargas Llosa, et signait alors l’une des œuvres les plus marquantes de sa carrière, auréolée d’une Coquille d’argent au Festival international du film de Saint-Sébastien. Plus de quarante ans après sa sortie, ce classique du cinéma péruvien fait son retour dans les salles obscures et continue de nous fasciner par la puissance de son récit et la lucidité de son regard critique sur une société minée par la violence et la corruption.

Sorda est sans conteste l’un des films à avoir le plus marqué la dernière cérémonie des Goya avec dans son escarcelle les prix de la meilleure nouvelle réalisation (Eva Libertad), de la révélation féminine (Miriam Garlo) et du meilleur acteur dans un second rôle (Álvaro Cervantes). Un film qui a su se faire sa place en conquérant peu à peu le public et la critique. Sorda a le mérite de nous plonger littéralement dans la peau d’Ángela, une jeune femme malentendante, et de nous faire ressentir avec justesse les défis auxquels elle se retrouve confrontée au quotidien.

C’est le 6 mai que vous pourrez découvrir Cosmos, le troisième long métrage de Germinal Roaux. Présenté en première mondiale au Thessaloniki international Film Festival, Cosmos est un drame introspectif d’une grande force évocatrice qui invite à la méditation. Entièrement tourné dans la jungle mexicaine, il est interprété par un couple inédit, la déjà légendaire Angela Molina et l’acteur non professionnel d’origine Maya Andrés Catzin.

Le plus souvent, le cinéma mexicain qui parvient jusqu’à l’Hexagone se distingue par une forte dimension sociale, dénonçant les rouages complexes d’un pays gangrené par la corruption, la violence et l’emprise des narcotrafiquants. Avec Vanilla, Mayra Hermosillo a choisi de révéler une toute autre facette du pays aztèque en plongeant le spectateur au sein d’une famille exclusivement composée de femmes où les épreuves se surmontent à travers le prisme de l’entraide et de la tendresse… non sans quelques éclats de folie ! Un film à découvrir le 20 mai sur grand écran !

La musique…

Voici un concert que l’on peut qualifier d’événement car près de treize années nous séparent des dernières représentations à Paris de la grande chanteuse espagnole Buika. Ses derniers concerts en novembre 2013 au Trianon, d’une beauté irréelle, ont laissé un souvenir impérissable à toutes celles et ceux qui ont eu le privilège d’y assister. C’est le 10 mai prochain au Casino de Paris que vous pourrez vivre ou revivre ces purs instants de grâce au fil d’un concert que vous pouvez déjà marquer d’une pierre blanche dans votre agenda !

Avec Hacha, la chanteuse et musicienne argentine Natalia Doco signe l’un des albums les plus spectaculaires de ce début d’année. En apesanteur entre harmonies ciselées, bruissements électroniques, dissonances radicales et beats urbains, Hacha est son album le plus osé et le plus renversant à ce jour. Un petit bijou musical qu’elle présentera le 12 mai prochain à La Maroquinerie. Soyez certains qu’on y sera !

À tout juste 30 ans, Liniker est déjà une icône dans son pays natal, le Brésil, mais aussi à l’international. En effet, son premier album solo, Indigo Borboleta Anil, paru en 2021, lui a permis de marquer l’histoire en devenant la première femme trans à remporter un Latin Grammy dans la catégorie musique populaire brésilienne. À la croisée de la soul, de la MPB, du funk et du R&B, sa musique n’a pas son pareil pour réchauffer les corps et les cœurs ! Après avoir triomphé à La Cigale l’an passé, la diva brésilienne signe son grand retour dans la capitale avec un concert prévu le 1er juin prochain !

Avec África Sí, le percussionniste cubain Abraham Mansfarroll et son collectif Campana Project délivrent un magnifique album en apesanteur entre l’Afrique et Cuba. Un opus qui met en lumière toute la richesse d’une histoire transatlantique complexe, gorgée de chemins de traverse, mais en lui insufflant une approche résolument contemporaine dans laquelle l’Histoire, toujours en mouvement, se conjugue au présent.

Vous faites quoi cet été ? Si vous êtes en plein préparatifs de vos congés estivaux, nous vous recommandons vivement de planifier une escale à Vic-Fezensac dans le Gers pour la 31eme édition de Tempo Latino ! Du 30 juillet au 2 août, une programmation de feu vous y attend avec à l’affiche La Yegros, Maïté Hontelé y La Novia, Orquesta Akokán, Matt Bianco, Rogê, Alfredo Rodriguez, Tony Succar et Yilian Cañizares.

Les spectacles

Du théâtre en espagnol ? C’est ce que vous propose le 13 mai prochain la compagnie du Théâtre du Héron avec Don Quichotte de la Manche à l’Apollo Théâtre. Publiée en 1605 sous le titre L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche, cette œuvre signée Miguel de Cervantès est un monument de la littérature mondiale. La pièce reste fidèle à l’œuvre originale et met en scène les personnages du roman comme des êtres réels dans lesquels le public contemporain peut se reconnaître, mais en respectant le contexte historique de l’époque. Interprétée dans un espagnol moderne, accessible et simplifié, la pièce condense en 90 minutes le roman, permettant ainsi aux spectateurs de suivre les moments clés de l’histoire et de découvrir les personnages ainsi que le mode de vie des Espagnols de l’époque.

Amateurs de flamenco, tenez-vous prêts !

En effet, le festival Flamenco à La Villette vous donne rendez-vous du 16 juin au 7 juillet avec à l’affiche, pendant près de trois semaines, des artistes confirmés ainsi que de jeunes pousses dont beaucoup sont passés par le prestigieux Festival del Cante de las Minas. On vous en reparle en détail très rapidement, mais notez déjà que El Yiyo, Vanesa Aibar, Eduardo Guerrero, Jesus Carmona, Belén López, Alfonso Losa & Paula Comitre ont répondu présent !

Littérature

Années 90. Chili. Trois jeunes filles originaires d’un bidonville de Santiago partent à 1600 km en direction du nord pour se rendre à la fête de la Tyrana, connue également comme celle de la Vierge noire. Elles ont décidé d’entreprendre ce voyage en dépit de la présence d’un tueur en série qui s’attaque aux femmes issues des milieux défavorisés de cette région… Avec Même le froid tremble, Nicole M. Ortega révèle au moyen d’une prose puissante et lyrique un univers dans lequel le machisme et la violence envers les femmes sont omniprésents. 

Loisirs

Lorsque Aarón Martín arrive en France en 2015, il est loin d’imaginer qu’il deviendra l’un des cuisiniers espagnols les plus singuliers de la capitale. À 27 ans, sans expérience en cuisine et sans parler un mot de français, il ne possède qu’un atout décisif : une passion farouche doublée d’une détermination hors norme… Il est aujourd’hui Chef Cracken, un maestro de la paella et de plats valenciens à base de riz, qui cuisine directement chez vous !

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