Après avoir enchanté le public du Théâtre du Châtelet avec Générations Piazzolla il y a tout juste quelques mois, le bandonéoniste Juanjo Mosalini, fils de l’illustre Juan José Mosalini est de retour au Théâtre de Suresnes Jean Vilar avec Piazzolla tango, un nouveau concert hommage à la figure d’Astor Piazzolla, mais cette fois-ci dans sa forme la plus emblématique, le quintette.


Juanjo Mosalini, le passeur d’histoire

Modestie en bandoulière, Juanjo Mosalini se garde bien de se définir lui-même à l’aulne d’un Astor Piazzolla qui n’a eu de cesse, de son vivant, de repousser les limites de son art. Lorsqu’il évoque sa propre démarche artistique, le bandonéoniste argentin se définit davantage comme un interprète, un passeur d’histoire, plutôt que comme un compositeur… Mais attention, transmettre un patrimoine musical est tout sauf une opération blanche. Au-delà de la maîtrise technique qui se doit d’être totale, le passeur d’histoire injecte aussi à la partition sa propre veine créative, sa propre sensibilité.

Et dans le cas présent, c’est d’une sensibilité plurielle dont il s’agit, tant Juanjo Mosalini est aussi perfectionniste qu’il est un insatiable touche-à-tout, maîtrisant parfaitement le piano, le champ de l’ingénierie du son et les arcanes de la musique de chambre, comme en témoignent les nombreux ensembles pour lesquels il compose des pièces d’une étrange beauté.

Juanjo Mosalini a plus d’une corde à son arc, mais il est avant tout reconnu comme un interprète profondément passionné. Ses relectures du grand architecte du tango s’avèrent ainsi d’une exceptionnelle vivacité, à la fois respectueuses de l’œuvre originelle, mais révélant aussi de-ci de-là des éclats de créativité d’une étincelante modernité.

L’œuvre d’Astor Piazzolla, Juanjo Mosalini la connait sur le bout des doigts, lui qui a été initié à la pratique du bandonéon par son père, Juan-José Mosalini et qui a également été formé par le pianiste et arrangeur Gustavo Beytelmann, soit deux musiciens qui ont eu l’honneur de jouer aux côtés d’Astor Piazzolla dans les années 70. 

Le quintette, la formation emblématique d’Astor Piazzolla

C’est aux côtés de Mathias Naon au violon, Ivo de Greef au piano, Adrian Fioramonti à la guitare et de Leonardo Terruggi à la contrebasse que Juanjo Mosalini se présentera sur la scène du Théâtre Jean Vilar de Suresnes. Un quintette, soit la formation idoine grâce à laquelle la figure tutélaire du tango a posé les jalons de son art dans les années 60 avant de conquérir définitivement le monde dans les années 80.

À l’heure où l’on célèbre les cent ans de la naissance d’Astor Piazzolla, le maestro se serait peut-être lui-même étonné de la pluie d’hommage qui lui est rendue. En effet, même s’il a pu assister de son vivant à l’avènement de son tango nuevo, il a aussi du se battre jusqu’au bout contre ses nombreux détracteurs. En emmenant la tradition tanguera des années 30 et 40 sur des terres inconnues, vallonnées de hard-bop, d’arrangements progressifs néoclassiques et même d’électricité, Astor Piazzolla s’est offert une vie d’expérimentations au bout de laquelle il est parvenu à inscrire le tango dans une dimension universelle.

Nul doute qu’il aurait apprécié à sa juste mesure la démarche artistique du Juanjo Mosalini Quinteto, pour sa parfaite maîtrise technique, certes, mais aussi pour sa fougue, ses relectures inspirées et la passion qui l’anime dans la transmission de ce patrimoine musical devenu universel.  

Interview de Juanjo Mosalini au Théâtre de Suresnes Jean Vilar

INFORMATIONS PRATIQUES


Juanjo Mosalini par Astrid di Crollalanza
Juanjo Mosalini © Astrid di Crollalanza
  • TITRE : Piazzolla tango
  • MUSICIENS : Ivo de Greef (piano), Mathias Naon (violon), Adrian Fioramonti (guitare) et Leonardo Terruggi (contrebasse)
  • LIEU : Théâtre de Suresnes Jean Vilar, 16, place Stalingrad 92150 Suresnes, navette gratuite depuis Paris place de l’Étoile.
  • DATES : Le 20 mai 2022 à 20h30
  • TARIFS : 10-25 €
  • RENSEIGNEMENTS : www.theatre-suresnes.fr
  • TÉLÉPHONE : 01 46 97 98 10