Des tatouages, un cigare et une gouaille à l’avenant…Avec cette image qui s’approprie pour mieux les dynamiter les codes machistes du hip-hop et du reggaeton, La Dame Blanche a un plan : insuffler une bonne dose de féminisme – et de féminité – à des musiques urbaines qui en manquent cruellement…


À chaque nouvel album de La Dame Blanche, un constat s’impose, invariablement : la fille de Jesús « Aguaje » Ramos, directeur musical du Buena Vista Social Club, n’a pas son pareil pour insuffler un véritable vent de fraîcheur à des musiques urbaines passablement minées par une surenchère de testostérone.

Un peu de finesse dans un monde de brutes, nous direz-vous ?

Oui, car la sophistication des arrangements de Yaite Ramos, conjugués à ses envolées de flûte traversière, la placent d’emblée dans le haut du panier en termes de songwriting…Et non, car au petit jeu de la force brute, son flow incisif et rageur fait passer bon nombre d’aboyeurs reggaeton pour de vulgaires roquets !

Ce quatrième album, entièrement dévolu à la condition féminine, en est la parfaite illustration. Célébrant la féminité, Ella dresse le portrait de dix femmes sur fond de rythmes afro-latins, de hip-hop, de trap, de reggae et d’électro.

Sec comme un coup de trique mais d’une grande diversité, Ella se paye même le luxe, au détour d’une divine makuta cubaine clôturant les débats, de débrancher l’électricité.


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