Le Festival d’automne au Théâtre de La Ville

Une édition 2021 sous influence brésilienne.

photo du spectacle Altamira 2042

Le Festival d’Automne à Paris fête cette année sa 50e édition. Pour l’occasion, le Théâtre de la Ville a mis les petits plats dans les grands avec un week-end d’ouverture proposant une multitude d’événements artistiques gratuits ainsi que plusieurs spectacles proposés par l’immense chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues, invitée d’honneur du festival.


Un week-end d’ouverture sous le signe de la gratuité

Du cinéma, du théâtre, de la musique classique, de la danse, des performances, des débats…Pour ce week-end d’ouverture, l’Espace Cardin ouvre en grand ses portes avec une programmation à la croisée des cultures et des disciplines. Une programmation aussi audacieuse que pléthorique où vous pourrez notamment voir en brésilien sous-titré anglais le film Creation Notebooks de Lia Rodrigues.

Teaser du Festival d’Automne à Paris 2021

Lia Rodrigues, invitée d’honneur du festival

C’est l’une des plus grandes figures de la danse contemporaine. À tout juste 65 ans, Lia Rodrigues peut déjà faire un demi-tour sur elle-même et savourer toute l’étendue du chemin parcouru en quatre décennies. De formation classique, la danseuse et chorégraphe fonde dès 1977 le Grupo Andança à Saõ Paulo à une époque où la danse contemporaine était totalement inconnue au Brésil. Après un long séjour en France dans les années 80 où elle travaille sous la direction de Maguy Marin, elle retourne au Brésil où elle fonde en 1990 la Lia Rodrigues Companhia de Danças, puis, en 1992, le festival de danse contemporaine Panorama Rio Arte de Dança. En 2004, elle s’installe dans la favela de la Maré où elle intègre son école dans un centre artistique ouvert sur ce quartier carioca d’une extrême pauvreté.

Lia Rodrigues / © Sammi Landweer

Son œuvre, ouvertement politique, s’inscrit toujours dans une dimension collective. Lia Rodrigues considère effectivement qu’elle est la somme d’une multitude d’influences et de voix qui la traversent.

« Ce Portrait est comme une mosaïque, un collage d’histoires et de perspectives, qui se combinent et contrastent. Il regroupe plusieurs générations d’artistes brésiliens, dont certains ont été interprètes de mes pièces. Tous, d’une manière ou d’une autre, donnent à écouter des voix qui devraient être plus écoutées. » nous dit-elle.

Rassemblant dix artistes brésiliens, Lia Rodrigues propose un Portrait à son image. Sur la scène de l’Espace Cardin, trois spectacles programmés en septembre méritent toute votre attention.

Let It Burn de Marcela Levi et Lucia Russo du 8 au 12.09

Volontiers politique et dérangeant, ce solo proposé par Marcela Levi et Lucia Russo et incarné par la danseuse Tamires Costa joue avec les stéréotypes associés aux corps noirs. Comme envoûtée, Tamires Costa est traversée par les fantômes de Thelonious Monk, Dizzy Gillespie, Joséphine Baker, Jorge Ben, Michael Jackson, Nina Simone et bien d’autres encore.

Teaser de Let it Burn de Marcela Levi & Lucia Russo

Altamira 2042 de Gabriela Carreiro da Cunha du 15 au 19.09

Tout aussi politique, cette performance à la croisée de la danse contemporaine et des arts numériques nous emmène au cœur de l’Amazonie. Elle interroge le dualisme entre nature et culture dans une débauche de lumières et de sons.  Les voix humaines et animales de la rivière Xingu, sur laquelle fut érigé en 2012 le barrage géant de Belo Monte, véritable symbole de la dévastation de la forêt amazonienne par l’Homme, sont à l’honneur : population riveraine, indigène – Juruna et Araweté –, journalistes, écologistes, rappeurs, artistes, anthropologues, animaux, pluie dans la forêt, flots de la rivière sont autant de voix qui nous interrogent et nous plongent aux limites de la transe chamanique.

Teaser de Altamira 2042 de Gabriela Carreiro da Cunha

Manifesto Transpofágico de Renata Carvalho du 22 au 25.09

Dans un Brésil où les identités homosexuelles et transgenre sont volontiers stigmatisées à fortiori depuis l’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro, Renata Carvalho propose un solo questionnant l’enracinement de la transphobie structurelle et de sa criminalisation. Sur scène, l’artiste expose son propre corps travesti et invite le public à le considérer comme une expérience, un manifeste, celui de l’affirmation de l’historicité des corporéités. Une performance qui a marqué les esprits au Brésil, dont celui de Lia Rodrigues, qui a rendu possible sa venue à Paris.

Teaser de Manifesto Transpofágico de Renato Carvalho

Le Festival d’Automne à Paris se poursuit jusqu’en février 2022 avec à venir d’ici la fin de l’année les spectacles Encantando, Nororoca et Exercice M, de mouvement et Maré de Lia Rodrigues au Théâtre de La Ville, au Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine, au 104 et au Chaillot. Restez en ligne !


INFORMATIONS PRATIQUES


Espace Cardin / © Jean-Louis Fernandez

  • TITRE : Festival d’Automne à Paris
  • LIEU : Théâtre de la Ville – Espace Cardin, 1 Avenue Gabriel 75008 Paris M° Concorde
  • DATES : 4 au 25 septembre 2021
  • TARIF : 10-22 €
  • RENSEIGNEMENTS : www.theatredelaville-paris.com
  • TÉLÉPHONE : 01 42 74 22 77  

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